Par Julie Gedeon

Les petits ports racontent comment planification, partenariat et persévérance font la différence

Engagement

Plus de 400 personnes, un nombre record, ont participé cette année au colloque GreenTech, à Québec. Plusieurs auraient aimé pouvoir assister aux deux panels présentés simultanément lors de certaines séances. L’Alliance verte vous propose les faits saillants de l’un de ces panels, consacré aux petits ports qui accomplissent de grandes choses, car leurs approches judicieuses peuvent profiter aux organisations de toutes tailles.

Voici un aperçu des stratégies mises en œuvre par les ports d’Anacortes, de Bellingham, de Matane (par l’entremise de Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie) et de Saguenay pour tirer le meilleur parti de leurs ressources financières, de leur personnel, de leur temps, des innovations et des autres moyens dont ils disposent. Une vision claire, des priorités bien définies, une bonne préparation, la consultation et la communication, la mise à profit des partenariats ainsi que la patience figurent parmi leurs forces communes.

Port de Saguenay

Selon Carl Laberge, président-directeur général de l’Administration portuaire du Saguenay, les organisations portuaires de petite taille font face à plusieurs défis liés à leurs ressources limitées. « Nous faisons de notre mieux pour progresser et mesurer nos progrès, mais nous n’avons généralement pas les moyens de nous offrir les nouveautés ou les outils qui nous faciliteraient la tâche, explique-t-il. Nous devons rester très concentrés sur ce que nous sommes en mesure de faire. »

Il est essentiel d’analyser soigneusement où et comment les ressources limitées d’un port seront les plus utiles ou auront le plus grand effet, voire contribueront simultanément à plusieurs objectifs.

« Une grande partie de nos terrains se trouve en hauteur, par exemple. Nous avons donc choisi un système de convoyeur électrique, indique M. Laberge. Cet investissement direct dans nos actifs améliore nos opérations sans nécessiter la construction d’infrastructures supplémentaires, tout en réduisant nos émissions atmosphériques. »

Le port compte une personne affectée au développement durable et à l’environnement, mais chacun de ses 17 employés est encouragé à garder le développement durable à l’esprit afin de repérer les occasions et d’en tirer parti. « Cela signifie à la fois établir des partenariats mutuellement avantageux avec nos communautés et reconnaître les situations où il est pertinent pour notre port de se joindre à un projet déjà lancé par d’autres, explique M. Laberge. »

Les partenariats permettent aux petites organisations de réaliser de plus grandes choses.

Carl Laberge, Port de Saguenay

Carl Laberge ajoute que, même si l’atteinte d’un objectif peut prendre davantage de temps, il faut garder le cap. « Il faudra de 20 à 25 ans pour aménager entièrement le parc industriel que nous prévoyons sur un vaste territoire. Nous profitons toutefois de cette occasion pour concevoir un espace unique qui intègre le milieu de vie et où chacun sera fier de travailler, avec des arbres, des bancs ainsi que des sentiers piétonniers et cyclables, précise-t-il. Le plan directeur nous permettra de garder le cap tout en offrant la souplesse nécessaire à la réalisation de certains éléments. »

Le plan directeur, qui couvre environ 12 kilomètres carrés, prévoit la préservation de milieux humides importants, de lacs et d’autres zones sensibles sur le plan environnemental. Dans le cadre de ses échanges avec la communauté, le port a recensé des projets de compensation visant à contrebalancer certains effets des aménagements à venir. Il a déjà soutenu des travaux visant à rétablir la santé d’une rivière à saumon.

« Nous savons que les travaux auront des effets sur l’environnement dès leur début. Nous souhaitons donc profiter de cette période en amont pour dresser une liste de projets de compensation qui nous permettront de soutenir la communauté de façon proactive dans l’atteinte d’objectifs environnementaux précis », souligne M. Laberge.

Port de Bellingham

Adrienne Douglass-Scott, responsable du programme de développement durable au Port de Bellingham, a bâti celui-ci en élaborant des stratégies d’action climatique et des politiques énergétiques, tout en contribuant aux décisions relatives à la manutention des marchandises, aux approvisionnements et aux projets d’immobilisation. Elle se concentre actuellement sur la résilience énergétique et la planification des activités dans un contexte d’incertitude.

« Notre travail en développement durable fait partie du mandat du Port de Bellingham, qui consiste à gérer de manière responsable les actifs publics qui lui sont confiés, affirme-t-elle. »

Il est vraiment important que notre travail en développement durable ne soit pas considéré comme facultatif.

Adrienne Douglass-Scott, Port de Bellingham

Avec 250 locataires et d’autres clients, le port gère d’importantes infrastructures publiques, dont un aéroport, deux terminaux maritimes et une marina accueillant plus de 2 000 bateaux commerciaux et de plaisance. Sa mission comprend la création de retombées économiques et d’emplois au sein de la communauté.

Parmi les 130 employés du port, six font partie de l’équipe environnementale. « Nous portons tous plusieurs chapeaux », souligne Mme Douglass-Scott.

Il est essentiel de définir une vision claire dès le début de toute initiative d’envergure. Il y a trois ans, la commission portuaire a adopté une stratégie d’action climatique à la suite d’une vaste réflexion collective. « Nous avions besoin d’un cadre pour orienter nos démarches, » explique Mme Douglass-Scott. 

«Nos cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre correspondent à celles de notre ville, de notre comté et de notre État, et nous avons atteint environ 80 % de notre objectif de réduction. »

L’équipe environnementale du port a dirigé la décontamination de plusieurs sites touchés par une pollution industrielle historique et mène actuellement sept projets de décontamination. « Par exemple, nous avons acheté pour 10 dollars le vaste site d’une ancienne usine de pâte à papier, construite sur des terrains remblayés, en contrepartie de la prise en charge du passif environnemental. Nous avons réalisé jusqu’à présent 86 millions de dollars de travaux pour le décontaminer en vue de son réaménagement », précise Mme Douglass-Scott.

Les partenariats constituent une stratégie clé pour réaliser des projets d’envergure. Une autre partie du site portuaire est desservie par un réseau énergétique de quartier, le premier de l’État de Washington. La chaleur produite par une installation fonctionnant au gaz naturel y est récupérée pour chauffer et climatiser les bâtiments voisins. « Nous cherchons à faire de tout ce secteur un pôle d’énergie renouvelable », ajoute Mme Douglass-Scott.

Le repérage des possibilités de financement est essentiel. Cette démarche a permis au port d’obtenir 2,8 millions de dollars de l’État pour installer l’alimentation électrique à quai et 17 millions de dollars pour moderniser un quai, notamment en réalisant d’autres travaux de décontamination. « Comme ce financement semble plus difficile à obtenir, nous constatons qu’il nous faut faire preuve de davantage de créativité dans notre planification », explique-t-elle.

Le port reconnaît l’importance de diversifier ses sources d’énergie, notamment en visant une électrification accrue de ses équipements. Cependant, selon Mme Douglass-Scott, la recherche de financement s’apparente davantage à une quête ces derniers temps.

Une bonne préparation est essentielle pour saisir les opportunités. « Nous veillons à définir des objectifs clairs qui nous aideront à composer avec des politiques fédérales et étatiques fluctuantes, explique-t-elle. Nous déterminons aussi les démarches à suivre pour obtenir les autorisations nécessaires. 

Pour que tout cela fonctionne, nous avons élaboré une feuille de route très claire vers nos objectifs, ainsi qu’un plan de travail précis pour les atteindre.

Adrienne Douglass-Scott, Port de Bellingham

« Nous avons obtenu des engagements de la part de notre direction, de nos locataires et de la communauté, ajoute-t-elle. Nous expliquons régulièrement aux personnes responsables de la gouvernance en quoi ce travail s’inscrit dans notre mandat et comment nos actions s’alignent sur les engagements que nous avons pris. »

En plus d’utiliser le cadre de l’Alliance verte pour suivre ses progrès, le port publie un rapport annuel de développement durable. « Notre rapport est accessible en ligne sous la forme d’une présentation interactive de type Story Map, précise-t-elle. Nous avons une excellente équipe de médias sociaux, et nos activités de communication suscitent une forte participation du public. »

Port d’Anacortes

Le Port d’Anacortes se concentre sur sa double mission : stimuler le développement économique et assurer une gestion responsable de ses installations et de ses propriétés. Celles-ci comprennent un terminal maritime, des installations de plaisance, un petit aéroport, un chantier maritime exploité par un locataire, une trentaine de propriétés louées à des tiers ainsi qu’une marina de 1 000 places.

Situé sur une île, le port a consacré plus de 60 millions de dollars à la décontamination de friches industrielles afin de leur donner de nouvelles vocations, allant de l’accueil d’entreprises à l’aménagement de parcs. « Nous avons pu mobiliser différentes sources de financement, mais l’ensemble de la démarche était très complexe », raconte Kevin Anderson, responsable de la planification, des propriétés et de l’environnement du port.

Comme l’équipe environnementale ne compte que lui et une autre personne, M. Anderson trouve le cadre de l’Alliance verte extrêmement utile. 

Le cadre de l'Alliance verte offre d’excellents outils de planification et une structure sur laquelle bâtir nos programmes environnementaux pour aller au-delà des exigences réglementaires et il nous aide à nous préparer aux possibilités de financement.

Kevin Anderson, Port d'Anacortes

Dans le cadre du plan de modernisation d’un terminal maritime, par exemple, le port a pu réaliser un inventaire de ses émissions de GES de portée 1 et 2 grâce à une collaboration avec l’initiative d’inventaire des émissions maritimes de Puget Sound. « Le Pacific Northwest National Laboratory a également réalisé une étude de cas sur les façons d’améliorer nos opérations », ajoute M. Anderson.

L’harmonisation des objectifs avec ceux d’autres parties prenantes constitue une autre approche fructueuse.

« Nous avions un quai vieux de 120 ans utilisé pour quelque 400 opérations de remorquage par année, explique M. Anderson. En collaborant avec les utilisateurs du terminal maritime, qui se sont joints à nous pour réclamer des améliorations, nous avons obtenu le financement nécessaire pour installer l’alimentation électrique à quai dans la marina de remplacement, ce qui réduira les émissions et le bruit. »

« Nous avons aussi pu prévoir l’installation d’un système de pompage des eaux usées pour les navires commerciaux, indispensable, puisque la mer des Salish et le Puget Sound se trouvent dans une zone où les rejets sont interdits, ajoute-t-il. »

Lorsqu’une entreprise locale a proposé au port de déposer conjointement une demande de subvention dans le cadre du programme Clean Ports de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), afin d’aider les entreprises maritimes à adopter des technologies zéro émission, le port a demandé aux autres parties prenantes clés si elles souhaitaient participer. « Six partenaires représentant l’ensemble de la chaîne logistique maritime d’Anacortes – dont un exploitant de terminal, un chantier naval, une entreprise de construction maritime et Washington State Ferries – ont mis leurs ressources en commun et obtenu cette subvention », indique M. Anderson.

La subvention servira à remplacer les équipements plus anciens et plus polluants, ainsi qu’à former les travailleurs aux technologies émergentes. Le port a également obtenu du financement de l’EPA pour la planification, dans le cadre du programme Clean Ports, afin d’identifier les vulnérabilités climatiques des infrastructures existantes et les besoins connexes en matière de développement de la main-d’œuvre.

Cette collaboration nous amène aussi à réaliser un inventaire des émissions et à fixer certaines cibles. Elle a suscité des échanges stimulants avec notre communauté, et ces discussions se poursuivront.

Kevin Anderson, Port d'Anacortes

Port de Matane — Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie

Caroline Ratté, directrice de l’environnement et du développement durable à Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie, souligne que l’organisation compte 12 employés pour ses quatre ports – Gros-Cacouna, Rimouski, Matane et Gaspé – répartis sur plus de 600 kilomètres de littoral le long du Saint-Laurent, dans l’est du Québec.

En 2020, le gouvernement du Canada a transféré ces quatre ports au gouvernement du Québec, avec une compensation financière de 148,8 millions de dollars pour leur entretien et leur exploitation futurs. Les ports appartiennent au ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec et sont gérés pour son compte par Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie. Il y a trois ans, cette organisation a mandaté un consortium réunissant les firmes de génie-conseil Norda Stelo et Englobe pour réaliser l’ingénierie préliminaire et l’étude d’impact environnemental du projet de modernisation du port de Matane.

Situé à un emplacement stratégique dans l’estuaire du Saint-Laurent, le port de Matane a manutentionné en moyenne 300 000 tonnes métriques de marchandises par année au cours des cinq dernières années, principalement destinées à l’exportation, et environ 190 000 tonnes en 2025-2026. Selon une étude des retombées économiques commandée par Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie, ses activités génèrent 167 millions de dollars de retombées et soutiennent 1 144 emplois directs et indirects. Le port compte actuellement quatre terminaux sur son site, bénéficie de la proximité d’une voie ferrée et accueille également des activités de pêche commerciale. 

Toutefois, le port ne répond plus aux besoins actuels de nos utilisateurs, puisqu’il ne dispose que d’un seul poste à quai commercial, qui approche de la fin de sa durée de vie utile. L’espace d’entreposage est également très limité. 

Caroline Ratté, Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie

Avec l’aide du consortium, le port a défini les critères de sa modernisation. Le projet vise à répondre aux besoins croissants de manutention de marchandises, à l’importation comme à l’exportation, et à permettre ainsi une augmentation du trafic portuaire grâce à la construction d’un deuxième poste à quai polyvalent. Les nouvelles infrastructures proposées sont conçues pour la manutention de composantes d’éoliennes et d’autres pièces lourdes. En cohérence avec la transition maritime du gouvernement, le projet prévoit également l’installation éventuelle d’un raccordement électrique à quai. Il comprend également des mesures d’adaptation aux changements climatiques, soit le rehaussement des structures et le renforcement d’un brise-lames en fonction des prévisions de hausse du niveau de l’eau.

« Pour une petite équipe comme celle de Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie, le fait de confier un mandat unique pour l’ingénierie préliminaire et l’étude d’impact sur l’environnement nous a permis de réaliser des gains concrets en matière d’efforts, de temps et de développement du projet, grâce à la synergie créée par le travail simultané de spécialistes de différents domaines, souligne Mme Ratté. » 

« Cette approche nous permet d’avancer en assurant une communication et une coordination étroites entre les volets du projet, afin d’optimiser les étapes nécessaires et l’échéancier des travaux. »

Stéphan Ferrero, chargé de projets senior, ports et ouvrages côtiers, chez Norda Stelo, souligne le fort potentiel d’augmentation du trafic portuaire une fois le poste à quai vieillissant remplacé. « Le défi consiste à répondre aux préoccupations concernant le quai existant, tout en concevant et en construisant un nouveau poste à quai d’une durée de vie d’au moins 50 ans, sans perturber de façon importante les activités quotidiennes du port. »

Après avoir établi que le quai existant pouvait être utilisé jusqu’en 2033, des études préliminaires ont été réalisées pour déterminer l’aménagement optimal du port. Différents scénarios ont été analysés afin d’optimiser le nouveau secteur. « Des simulations ont été menées au Centre de simulation et d’expertise maritime, à Québec, pour déterminer la meilleure configuration du front d’accostage selon les types de navires qui fréquentent le port, les conditions optimales de manœuvre par mauvais temps, ainsi que l’ensemble des travaux de dragage nécessaires au réaménagement », explique M. Ferrero.

Des données ont été recueillies sur le milieu physique, la biodiversité, la présence humaine ainsi que les activités à proximité.

Lorsque des enjeux environnementaux se présentaient, nous adaptions rapidement la conception du projet ou le calendrier de construction pour en éliminer ou en réduire les effets.

Steéphan Ferrero, Norda Stelo

De vastes consultations auprès des parties prenantes ont permis de cerner les principales préoccupations. « Nous sommes une petite équipe, mais le lien que nous avons développé avec la communauté est notre force, affirme Mme Ratté. Nous avons donc tenu plus de 40 rencontres avec les utilisateurs du port, les riverains, les élus, des chercheurs en développement économique et communautaire ainsi que d’autres intervenants. Ces échanges nous ont permis d’établir une relation véritablement privilégiée avec les différentes parties prenantes du projet.»

Les préoccupations concernant la qualité de l’air, le bruit, la lumière et l’augmentation de la circulation ont été prises en compte dans la conception du projet. Par exemple, un plan de gestion de la circulation est proposé pour éviter que les camions empruntent une rue résidentielle donnée, sans imposer aux conducteurs un détour qui allongerait considérablement leur trajet. Des limites de vitesse pour les camions et les barges contribueront également à répondre aux préoccupations liées à la sécurité et au bruit.

« Les résidents nous ont parlé du bruit important causé par les travaux sur les pieux lors de la démolition d’un quai il y a huit ans, ajoute Mme Ratté. Nous avons donc non seulement prévu des enceintes acoustiques pour l’installation des nouveaux pieux de fondation, mais aussi conçu le projet de manière à éviter le retrait des pieux du poste à quai existant. » Ainsi, 250 pieux de l’ancien poste à quai resteront en place.

Les travaux de dragage, qui porteront sur environ 200 000 mètres cubes de sédiments pour créer un nouveau chenal d’accès, seront soigneusement séquencés afin de tenir compte des horaires des traversiers, de la pêche commerciale et de la protection des poissons et des mammifères marins.

« Pour les travaux terrestres, afin de protéger les oiseaux qui nichent directement sur le site, nous prévoyons les interventions avant le début de la nidification en avril et après le départ des jeunes oiseaux en août », explique Mme Ratté.

Le projet en est encore à l’étape de la planification, mais l’étude d’impact environnemental a récemment été déposée.

« Les professionnels qui participent au projet ont vraiment compris nos besoins, nos attentes et nos préoccupations, souligne Mme Ratté. »

Nous devrons peut-être encore expliquer certains éléments aux membres de notre communauté, mais lorsque les gens savent ce qui se passe, ils peuvent aussi faire le lien avec les membres de leur famille et leurs amis qui travaillent dans l’industrie au sein de leur petite communauté.

Caroline Ratté, Ports Bas-Saint-Laurent Gaspésie

Bien raconter l’« histoire » d’un projet est essentiel pour obtenir l’acceptabilité sociale, ajoute M. Ferrero. « C’est ainsi qu’on permet aux gens de bien comprendre ce qu’on cherche à accomplir et la façon dont on est prêt à travailler avec eux pour atteindre des objectifs mutuellement avantageux », conclut-il.